Description
Violette Thibaudin, commissaire de l'exposition animera exceptionnellement cette visite de l'exposition qui explore les pratiques artistiques des peuples aborigènes du Nord de l’Australie comme des formes d’ancrage au territoire et au sacré.
À travers des peintures, des objets usuels et des récits du Temps du Rêve, l’exposition montre comment l’art, la mémoire et la cosmologie relient des lieux, des êtres et des savoirs.
Toujours vivantes, ces pratiques artistiques participent aujourd’hui encore à la continuité des sociétés aborigènes.
Au cœur des régions du Désert Central, de la Terre d’Arnhem et du Kimberley, les peuples des Premières Nations d’Australie déploient une multiplicité de ressources leur permettant d’habiter, de comprendre et de représenter le territoire.
Ce sont au travers d’histoires sacrées, de rituels et de formes d’art omniprésentes que les communautés parviennent à s’ancrer au réel. Berceau de traditions artistiques plurimillénaires, le Nord et le Centre de l’Australie portent depuis plus de soixante mille ans des récits de la création transmis au fil des générations. Les histoires du Temps du Rêve tissent l’étoffe d’une culture dans laquelle s’entremêlent figures surnaturelles, territoires ancestraux et enseignements culturels.
La cosmologie aborigène considère les êtres animés, inanimés, et surnaturels comme étant semblablement vivants. Roches, points d’eau, végétation, animaux ou ciel étoilé ne relèvent pas d’un simple paysage : ils portent une densité symbolique et spirituelle qui inscrit les individus dans une continuité du quotidien, du territoire et des temps cérémoniels.
Les œuvres sur écorce, les peintures sur toile, les objets travaillés et les pratiques contemporaines témoignent de cette relation au territoire. Cartographies où se superposent espaces physiques et dimensions spirituelles, les œuvres deviennent des vecteurs de transmission où savoirs, pratiques et récits circulent dans une continuité reliant les temporalités. Pourtant, tout ne se donne pas à voir : certaines connaissances demeurent protégées, préservant une part essentielle du sacré.
En langue Yolŋu, Mad̲ayin signifie simultanément « sacré » et « beau ». L’exposition Mad̲ayin : Cartographies et récits sacré d’Australie propose d’observer l’expérience du sacré dans les communautés du Désert Central et de la Terre d’Arnhem à travers les pratiques artistiques.
Commissariat : Violette Thibaudin et Emma Legrand



